photo de prestation

Topique : De l’apprentissage aux prestations professionnelles !

Bonjour à toutes,

Dans cet article, ce sont des prestations professionnelles ou plutôt du fait de passer  “d’élève qui ne danse qu’aux cours et aux démonstrations de l’école”  à “élève qui commence à danser lors d’événements privés”, dont je vais vous parler.

Si vous êtes une danseuse orientale confirmée, avec l’habitude des prestations rémunérées, n’hésitez pas à passer à un autre article comme par exemple : l’Interview de Sariye Tekbilek ou à m’envoyer votre feedback au sujet de cet article via deborahd@hotmail.fr.

Je me rappelle encore de ma première prestation pour l’anniversaire d’une société. En y repensant, ça s’était très bien passé et malgré tout, avec le stress et un manque de confiance en moi, car j’étais encore débutante, je m’étais jurée de ne jamais recommencer! Autant vous dire que j’ai eu l’occasion de revenir sur cette décision 😉 .

Pour les danseuses souhaitant se lancer maintenant, ou dans les années qui viennent, j’aimerais faire part de quelques conseils afin qu’elles puissent être mieux préparées que ce que je l’étais à l’époque .

Vaste sujet ; ici je vous parlerai des demandes de prestations et des contrats possibles sans statut d’indépendant, sans asbl et même si vous êtes au chômage (pour la Belgique, en 2018)

 


 

1 La demande de prestation : 

A : Via une connaissance : “Vient faire une petite danse, ça ne te demandera pas beaucoup d’investissement, puis c’est juste pour animer.” 

C’est FAUX ! Car si; ça va vous demander de l’investissement :

  • Choix du costume, aération/nettoyage/réparation du costume après la démo
  • Coiffure, maquillage, épilations
  • Choix des musiques et du programme de danse
  • Répétitions
  • Organisation, en amont de l’événement, avec la personne de contact
  • Trajets aller-retour, parking, temps sur place
  • Le stress … et j’en passe.

L’animation/l’événementiel, est un secteur florissant et payant.

Qui travaille (avec préparation) dans un lieu imposé (avec frais de déplacements) gratuitement (sans contrat de bénévolat réglementaire) pour faire “plaisir”; avec la gratification d’avoir “juste” fait une “petite animation” (donc sans la reconnaissance de son art) ?

Transposons cette demande à une autre situation, comme, par exemple, à un jeune traiteur qui se lancerait dans la profession :  “Pouvez-vous venir cuisiner chez moi gratuitement? Je vous fournis les aliments, ma cuisine est équipée et ça fera votre publicité auprès de mes invités.” … Plutôt culotté non ?

Pour nous, danseuses, c’est pareil et il faut en avoir conscience. Encore plus quand ce sont nos proches qui nous font ce genre de demandes. Ils ne sont pas de mauvaise foi; c’est à nous de les remettre dans la réalité du terrain et ce n’est pas toujours facile. Même quand vous êtes une danseuse expérimentée, ils vous rétorqueront : “Mais pour toi c’est normal, tu as l’habitude !” Accrochez-vous 😉 .

Cela dit, toutes les prestations gratuites ne sont pas forcément à exclure ; il faut savoir juger les opportunités.

 

B : La vraie demande, avec une proposition ou demande de tarif.

Ici, n’hésitez pas à vous renseigner sur les prix demandés par les danseuses professionnelles de votre région. Vous démarrez et pour vous tout salaire est acceptable, peut-être, mais il faut aussi veiller à ne pas “casser le marché” car les danseuses professionnelles essaient de vivre de ces prestations.  Sachez aussi qu’un tarif trop bas pourrait vous décrédibiliser.

Il ne tiendra alors qu’à vous de demander un peu moins, ce qui vous donnera l’opportunité de faire vos armes avant de demander un tarif de professionnel.

Attention à vous protéger au niveau de la loi avec un contrat adéquat. Ce qui nous amène au point suivant…

 


 

2 Le contrat lors des prestations :

“Tout travail mérite salaire” … même si vous avez décidé de danser gratuitement (comme dans la demande n°1), c’est ce que vous répliqueront les agents de contrôle en cas de visite de l’inspection du travail sur votre lieu de prestation.

Comment éviter les ennuis sans être indépendant et sans passer par une asbl; même si vous êtes au chômage?

 

A : Avec la carte Artiste et le contrat RPI.

Le Régime des Petites Indemnités (RPI) est, selon mon opinion, le contrat le plus simple pour débuter et exercer votre art de manière rémunérée !
Il est valable pour les prestations artistiques uniquement, et lorsque celles-ci sont occasionnelles, avec toutefois quelques limitations.

Afin d’être autorisée à en faire, il faudra au préalable réclamer une “carte artiste” (gratuite) via un formulaire de demande.

Une fois cette carte obtenue, il suffira de l’avoir en votre possession, ainsi que le contrat RPI signé, par vous et la personne qui vous engage, le jour de votre prestation. (si vous êtes au chômage, il faudra aussi noircir votre carte de pointage pour ce jour)

Toutes les infos au sujet de la Carte Artiste (scrollez jusqu’aux bonnes infos)
Toutes les infos au sujet du RPI et de sa réglementation.

 

B : Avec une activité Smart.

Smartbe, comme sans doute d’autres structures que je ne connais pas, offre la possibilité de créer une activité de manière légale qui permet de “s’auto employer” avec un vrai contrat de travail.

Vous pouvez utiliser cette structure pour des prestations en Belgique comme à l’étranger, en tant que danseuse, chorégraphe, professeur etc.
Elle vous donne la possibilité de facturer vos clients (demandeurs de prestations), faire des contrats de travail, rentrer des notes de frais,…

Si vous êtes au chômage, il faudra noircir votre carte de pointage le jour des prestations et si vous atteignez le nombre requis de contrats à l’année (il n’y a pas de limitation ici, contrairement au RPI), vous pourrez prétendre au statut d’artiste avec un retour et maintien de vos allocations en première période. Plus d’infos pour ce cas auprès de votre syndicat.

Vous trouverez ici un pdf avec plus d’infos sur la création d’une activité Smartbe et n’hésitez pas à les contacter; leurs bureaux sont présents dans plusieurs villes en Belgique.


J’espère que ces quelques infos sont/vous seront utiles. N’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires 🙂 !

à bientôt pour un prochain article,

Déborah